Un audit de cybersécurité se termine par une liste de constats. Le risque, c'est qu'elle reste dans un tiroir parce qu'elle paraît trop longue, ou qu'on veuille tout corriger en une semaine et qu'on perturbe toute l'entreprise. La bonne méthode tient entre les deux : un plan sur 90 jours, découpé en trois temps, où l'on traite d'abord ce qui ferme les portes les plus ouvertes pour le moins d'effort.
Pourquoi ne pas tout faire d'un coup
Chaque correction touche quelqu'un : un salarié qui doit activer la double authentification, un prestataire dont l'accès change, un logiciel métier qu'il faut tester après une mise à jour. Tout changer en même temps multiplie les blocages et, quand quelque chose ne marche plus, on ne sait plus quelle modification en est la cause.
Étaler les actions permet aussi de répartir l'effort et le budget, et d'installer des habitudes plutôt qu'un grand ménage sans lendemain. La CNIL le formule simplement : définir un plan d'action, suivre régulièrement son avancement, et vérifier en priorité les mesures qui corrigent des vulnérabilités déjà identifiées.
Comment classer les constats
Pour chaque constat, posez trois questions : est-ce exploitable aujourd'hui par un inconnu ? Quelles seraient les conséquences (arrêt d'activité, fraude, perte de données) ? Combien d'effort demande la correction ? Ce qui est à la fois exploitable, grave et rapide à corriger passe en tête.
Un exemple : un compte d'ancien salarié resté actif se bloque en deux minutes et supprime un vrai risque ; il passe donc avant la réorganisation complète du réseau, plus utile à long terme mais qui demande du temps, du matériel et une coupure planifiée. À l'inverse, une sauvegarde sans copie hors ligne est grave même si la correction prend quelques jours : elle mérite d'être lancée tout de suite, quitte à se terminer dans le mois.
- Cette semaine : les portes grandes ouvertes, simples à fermer.
- Ce mois-ci : les renforcements qui demandent un peu d'organisation ou de communication.
- Ce trimestre : les chantiers plus lourds et les habitudes à installer.
- Plus tard : le reste, noté et daté, pour ne pas l'oublier.
Cette semaine : fermer les portes ouvertes
- Bloquer les comptes des anciens salariés et des prestataires qui ne travaillent plus pour vous.
- Activer la double authentification sur les comptes administrateurs, puis sur la messagerie de chacun.
- Supprimer les transferts automatiques de mails vers l'extérieur que personne ne sait expliquer.
- Fermer le bureau à distance exposé sur Internet et les pages d'administration accessibles de l'extérieur.
- Changer les mots de passe par défaut des équipements repérés pendant l'audit.
- Vérifier qu'une sauvegarde récente existe vraiment, et qu'une copie est hors ligne ou hors des locaux.
Ce mois-ci : consolider
- Réduire le nombre d'administrateurs et séparer le compte d'administration du compte de tous les jours.
- Revoir les applications connectées à Microsoft 365 et retirer celles qui ne servent plus.
- Installer les mises à jour en retard et planifier le remplacement des postes qui ne sont plus pris en charge.
- Mettre en place un coffre de mots de passe pour l'équipe, et en finir avec les fichiers et les carnets.
- Compléter les réglages SPF, DKIM et DMARC des domaines de messagerie.
- Séparer le Wi-Fi des invités et changer le mot de passe du Wi-Fi interne.
- Écrire une procédure d'arrivée et de départ des salariés : comptes, accès, matériel, mots de passe.
Ce trimestre : installer de bonnes habitudes
- Mettre en place l'accès conditionnel dans Microsoft 365, d'abord en mode observation, puis activé.
- Séparer le réseau en zones : postes, serveurs, caméras et objets connectés, invités.
- Faire un vrai test de restauration et noter le temps qu'il a pris.
- Mettre en place une supervision, pour être prévenu quand une sauvegarde échoue ou qu'un équipement tombe.
- Sensibiliser l'équipe aux faux mails et à la fraude au virement : tout changement de RIB se vérifie par téléphone, à un numéro connu.
- Préparer une fiche réflexe en cas d'incident : qui prévenir, quoi débrancher, et le service public 17Cyber pour le diagnostic et l'orientation.
Suivre l'avancement sans y passer ses journées
Un plan d'action n'a pas besoin d'un outil compliqué. Un simple tableau suffit, à condition qu'il soit tenu à jour et qu'il ait un responsable.
- Pour chaque action, notez : ce qu'il faut faire, qui s'en charge, pour quand, et où on en est.
- Prévoyez un point de trente minutes toutes les deux semaines avec la personne qui s'occupe de l'informatique.
- À 90 jours, refaites contrôler les points urgents : un réglage corrigé peut revenir, par exemple lors d'un changement de prestataire.
- Ensuite, revoyez au moins une fois par an la liste des comptes et des droits, comme le recommande la CNIL, et mettez à jour l'inventaire.
Votre plan d'action avec LAN & WAN
À la fin de nos audits, nous remettons une synthèse des constats déjà classés par priorité, sous forme de plan d'action. Vous pouvez le mettre en œuvre vous-même, avec votre prestataire actuel ou avec nous. Dans ce dernier cas, certaines étapes s'appuient sur nos offres : Shield 365 pour la protection et la supervision de Microsoft 365, KeyBox pour le coffre de mots de passe de l'équipe, Safebox pour la sauvegarde 3-2-1 supervisée.
Basés à Carros depuis 2010, nous accompagnons les TPE et PME de Nice, Cannes, Antibes, Sophia Antipolis, Monaco et de tout le 06. Le premier échange est offert : appelez-nous au 04 93 20 39 86, du lundi au vendredi, de 9h à 12h et de 14h à 18h.
Sources
- CNIL, guide de la sécurité des données personnelles : piloter la sécurité des données (14 mars 2024)
- CNIL, guide de la sécurité des données personnelles : gérer les habilitations (13 mars 2024)
- CNIL, guide de la sécurité des données personnelles : sauvegarder (14 mars 2024)
- Cybermalveillance.gouv.fr dévoile son rapport d'activité et état de la menace 2025 (26 mars 2026)
- 17Cyber, mon assistance en ligne (Cybermalveillance.gouv.fr) (28 janvier 2026)
